En comparaison de nombreux pays du Nord de l’Europe, la France accuse un retard considérable en matière d’isolation thermique de ses logements. Ce décalage, qui pénalise à la fois les ménages et l’environnement, a pourtant été largement dénoncé depuis de nombreuses années, par les associations de défense de l’environnement, sans pour autant émouvoir, jusqu’à ce jour, les gouvernements successifs.
Le retard considérable que nous accusons, notamment, vis-à-vis de nos voisins d’outre-Rhin, ne semble pas effrayer Jean-Louis Borloo, qui a décidé de mettre les bouchées doubles pour combler nos lacunes, avec la ferme intention de caracoler en tête du peloton des bons élèves européens.
Une étude récente commandée par le ministère de l’Ecologie démontre que la mauvaise isolation de l’ensemble du parc immobilier français correspond annuellement à la diffusion en pure perte, de millions de thermies dans l’atmosphère équivalant la production de 8,5 réacteurs nucléaires, soit un peu plus de 14% du rendement de notre parc national.
Trois ministres : Valérie LETARD, Benoist APPARU et Jean-Louis BORLOO se sont attachés au problème. Ils viennent de présenter un plan de lutte ambitieux, contre ce qu’ils nomment « la précarité énergique ». D’ici 2017, ces mesures qui associent l’ANAH et l’ADEME, à une partie du produit du Grand Emprunt, permettront de dégager un milliard deux cent cinquante millions d’euros à la rénovation de trois cent mille logements, dont les occupants sollicitent chaque année le fonds de solidarité logement pour payer leurs factures d’électricité.
Ainsi, plutôt que de payer les factures de chauffage, le gouvernement a décidé de financer les travaux d’isolation, qui autoriseront les plus démunis à l’accès d’un confort bien légitime.
Dès le mois de mai, dans chaque département, les préfets s’organiseront afin de recenser les ménages les plus touchés, puis des consultations se feront à domicile, grâce au porte-à-porte que des professionnels mandatés effectueront dans les foyers afin d’expliquer les gestes utiles pour réduire les dépenses énergétiques et tenter de convaincre les occupants d’effectuer des travaux.
Leur argumentation devrait faire mouche à tous les coups puisque, s’il accepte la proposition du démarcheur, le foyer touchera immédiatement mille cinq cents euros d’aide de l’Etat, puis l’ANAHpaiera 25% du montant des travaux, auxquels s’ajouteront une aide des collectivités locales, des crédits d’impôts et des prêts à taux bonifiés.
D’après les responsables du ministère de l’écologie, le foyer qui se sera impliqué n’aura plus qu’à rembourser six cent soixante-cinq euros par an, pendant cinq ans, pour des travaux estimés à dix mille euros. Compte tenu de l’économie d’énergie induite par la réfection de l’isolation de son logement et évaluée à sept cent cinquante euros par an, un tel foyer serait gagnant dès la première année.
J2L, le 25 Mars 2010.